Intro et images


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Introduction


"Nommez-le inappropriable, bien commun, universel, bien public mondial, bonheur national brut, capacité ou capabilité, bien vital, besoin essentiel, objectif de développement durable. Nommez-le comme vous voulez, mais ne négociez plus pour entériner sa perte ou son vol. Ce texte a vocation à inspirer tous ceux qui ont besoin de réarmer leur désir, de s’appuyer sur quelques compagnons (fellows) déjà constitués, de partager des méthodes de conception et de déploiement et d’arpenter ensemble les chemins de la « vie bonne ».
Nous sommes des hommes dont l’humanisme est fragile, dépendant de la dimension phorique des milieux
naturels, socio-historiques, économiques, culturels et politiques.
Chacun d’entre nous tisse dans le détail de sa vie une manière de se lier à des collectifs plus régulateurs, tout en assumant un principe d’individuation digne de ce nom, test de crédibilité de la qualité de l’État social de droit dans lequel il vit."



"Il fallait un manifeste, une charte (comme il en existe beaucoup d’autres : voir la liste en fin de volume), avec ses dix points venant poser sans hiérarchie tout « ce » qui ne peut nous être volé : le silence, l’horizon, le soin des morts, la liberté d’usage, la qualité de vie, la santé physique et psychique, le temps long, la possibilité de demeurer et devenir ; mais aussi les méthodes qui permettent d’éviter que ce vol ait lieu : le proof of care, le climat de soin, l’enquête, le droit d’expérimentation, la générativité du vulnérable et, plus généralement, la furtivité.
Depuis la création en 2016 de la chaire de philosophie à l’hôpital du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, ancrée inauguralement à l’Hôtel-Dieu de Paris (AP-HP) et désormais rattachée à la Chaire Humanités et Santé du Conservatoire national des Arts et Métiers, et plus spécifiquement depuis le lancement du séminaire « Design with Care » en 2018, nous n’avons eu de cesse d’enquêter sur la générativité du vulnérable – autrement dit, de mettre fin au déni des vulnérabilités, qu’elles soient ontologiques, sociales ou systémiques. Nous avons laissé de côté leur « moralisation », qui les stigmatise ou les dénonce sans songer à proposer des alternatives. Nous avons pensé à partir d’elles pour concevoir des modes d’être ou d’agir résilients, susceptibles de refonder des émancipations et des capacités, de créer, de prototyper, d’expérimenter, de faire advenir le « réel » autrement que dans son fracas et son impossible synthèse, de le donner vers son « ouvert », vers sa générativité.
Très vite, l’adjectif « furtif » et son adverbe (« furtivement ») sont apparus. Ils étaient devenus littéraires grâce à Alain Damasio. Ils allaient devenir irrémédiablement politiques, avec une charte dédiée à cet enjeu, celle du Verstohlen, littéralement furtivement en allemand, ou comment s’extirper, s’exfiltrer de la réalité telle qu’elle nous est proposée aujourd’hui, tristement réduite aux processus de réification quasi quotidiens. Hors des radars du panoptique contemporain, non pour fuir, mais pour créer dans les entrelacs des abandons, des fatigues, des blessures et des vexations, le renouveau nécessaire à l’élaboration des futures légitimités, celles qui continueront de guider les grandes et petites histoires, individuelles et civilisationnelles.
" p. 3-5

En images


Pour celles et ceux qui aiment les dessins, voici quelques facilitations, interprétations graphiques de cette charte (Christophe Beau, Frédéric Duriez et Julie Chabaud).

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