Une histoire du vertige - Camille de Toledo
Type de ressource
- Partenaire ressource
Description
Vous partez du postulat que l’être humain, que vous définissez comme Sapiens narrans, « un être qui croît plus aux récits qu’aux épreuves de son corps et du monde », se construit à partir de récits qui le (re)tiennent au monde (et à l’espoir), mais que ceux-ci (les récits) peuvent être à l’origine de ce qui le fait tomber et de ce qui le coupe de la vie terrestre. De quel(s) fait(s) est né ce constat ?
Il y a déjà la lecture de toute une bibliothèque de l’anthropologie qui montre que dans les temps archaïques existaient déjà des formes de récits, de mythes qui habillaient la vie. Au-delà de l’histoire écrite, si l’on considère l’histoire orale, il y a dans toutes les sociétés humaines un principe narratif qui cimente la communauté, qui fait communauté et qui va en quelque sorte revêtir le monde alentour de sens pour organiser les différents flux sociaux, y compris les échanges avec le milieu, les écosystèmes. Nous produisons donc des habitats narratifs.
Derrière cela, ce qui m’intéresse, c’est de comprendre que l’économie narrative des sociétés humaines est adossée à une économie psychique, qui relève du fonctionnement de la matière humaine, comme je l’écris dans Thésée. Le corps a la possibilité de se jouer un tour, en créant l’illusion d’une autonomie, ce que l’on va appeler l’esprit. Ce détachement qui permet de s’affranchir se prolonge dans le langage, dans cet écart entre le langage et la vie. Et c’est dans cet écart que nous vivons, un écart que je nomme aussi blessure.
Il y a déjà la lecture de toute une bibliothèque de l’anthropologie qui montre que dans les temps archaïques existaient déjà des formes de récits, de mythes qui habillaient la vie. Au-delà de l’histoire écrite, si l’on considère l’histoire orale, il y a dans toutes les sociétés humaines un principe narratif qui cimente la communauté, qui fait communauté et qui va en quelque sorte revêtir le monde alentour de sens pour organiser les différents flux sociaux, y compris les échanges avec le milieu, les écosystèmes. Nous produisons donc des habitats narratifs.
Derrière cela, ce qui m’intéresse, c’est de comprendre que l’économie narrative des sociétés humaines est adossée à une économie psychique, qui relève du fonctionnement de la matière humaine, comme je l’écris dans Thésée. Le corps a la possibilité de se jouer un tour, en créant l’illusion d’une autonomie, ce que l’on va appeler l’esprit. Ce détachement qui permet de s’affranchir se prolonge dans le langage, dans cet écart entre le langage et la vie. Et c’est dans cet écart que nous vivons, un écart que je nomme aussi blessure.
Auteur
Camille de Toledo
Points de la charte concernés
- La vue
- L'homéostasie